Perspectives pour le 2ème tour des municipales : prime au sortant, relatéralisation par le local, forte préoccupation pour l’écologie mais pas de vague EELV

Perspectives pour le 2ème tour des municipales : prime au sortant, relatéralisation par le local, forte préoccupation pour l’écologie mais pas de vague EELV

juin 10, 2020 2 Par Hémisphère gauche

 

Analyse effectuée par Arthur Delaporte et Nina Karam-Leder pour Hémisphère gauche.

 

NB : si vous constatez des manques ou des inexactitudes, n’hésitez pas à nous écrire sur facebook ou twitter afin de mettre à jour cet article.


 

À la veille du 1er tour des municipales, nous avions publié un panorama de la situation politique dans les principales métropoles du pays. Si les pistes définies dans cette analyse se sont trouvées confirmées par le vote du 15 mars, les effets de la crise sanitaire sur le scrutin et le climat d’ensemble ne peuvent être négligés. Il convient néanmoins de nuancer leurs effets en terme de renversements d’équilibres. Prime aux sortants, évolution de l’abstention : les principaux enseignements du 1er tour sont en grande partie connus. Mais si cette abstention a été largement commentée, elle est inégale sur le territoire. Comme le remarque Hervé Le Bras, « la hausse de l’abstention est plus faible que la moyenne et que leur environnement dans une majorité de grandes villes : 15,6 % à Toulouse, 14,8 % à Lille, 15,8 % à Nantes, 17,7 % à Strasbourg, 10,2 % à Grenoble, 14 % à Paris. ». La prime aux sortants est quant à elle bien réelle et laisse entrevoir une possible relatéralisation du champs politique, bien que les réalités locales témoignent d’un affaiblissement des partis politiques nationaux. À la lumière des résultats du 1er tour et des alliances engagées, nous tentons ici, alors que les listes du second tour ont toutes été formellement déposées le 2 juin, de dresser un panorama des forces politiques en présence dans les grandes villes de France et d’en dégager les grandes tendances. 

 

 Affaiblissement des partis politiques nationaux et dynamiques locales

La grande leçon de ces alliances, à géométrie variable et parfois improbables, c’est que les partis politiques nationaux semblent avoir en grande partie perdu la main. S’ils étaient en capacité de donner ou non une étiquette pour le premier tour et de labelliser des candidats, pour ce second tour, c’est une forme d’opportunisme électoral local qui semble l’avoir emporté. Ainsi, lorsqu’une ville LR était menacée de basculer, LREM au niveau local a souvent joué le rôle d’apport supplétif destiné à maintenir le statu quo. Bordeaux en est l’exemple le plus abouti. A l’inverse, lorsque la gauche était quasi certaine de garder une ville, l’union entre ses forces n’a pas forcément eu lieu. Le cas de la gauche strasbourgeoise est à ce titre significatif : alors qu’elle se pensait en situation de l’emporter quel que soit le cas de figure, l’union de dernière minute entre la droite et LREM rebat les cartes et représente une menace sérieuse. Cette relative autonomisation des candidats, alors que les appareils nationaux (et notamment le PS) appelaient à l’union en toutes circonstances, a conduit certains candidats à conclure ou refuser des alliances contre l’avis de la direction des organismes centraux (Nîmes par exemple, où le candidat soutenu au premier tour par EELV soutient la liste LREM contre l’avis d’EELV). Ce phénomène est révélateur de l’affaiblissement des partis politiques mais en même temps d’une forme de stabilité dans les grands équilibres politiques du pays.

 

Stabilité nationale et latéralisation

Dans l’ensemble, ces municipales ont en effet été marquées par une prime aux sortants. Un nombre important de maires de grandes villes ont réalisé des scores leur permettant soit une réélection dès le premier tour, soit une probable réélection au second. Les socialistes sont ainsi en mesure de conserver Clermont-Ferrand, Dijon, Le Mans, Nantes, Paris, Rennes, Rouen, ou encore Lille (avec réserves, voir détails ci-dessous). 

Une autre leçon de ce premier tour est l’effacement de la droite traditionnelle dans un certain nombre de grandes villes tenues par la gauche. La droite plafonne ainsi autour de 10% à Rouen (10,16%), Lille (8,24%) ou Rennes (12,21%). Elle se maintient un peu mieux à Nantes (19,94%) ou Paris (22,72%, mais en recul de plus de 10 points par rapport à 2014). Elle paraît  en revanche en bonne position pour conserver ses principaux bastions : à Nice, Christian Estrosi est quasiment réélu au 1er tour avec 47,62%, à Caen le maire élu en 2014 est réélu au 1er tour, tout comme les maires LR d’Angers (57,82%) et de Reims (ils étaient tous deux soutenus par LREM), ainsi que les maires LR en Île-de-France qui sont dans l’ensemble peu menacés. Le PS, dans les trois capitales départementales citées à l’instant, plafonne également : 12,31% à Reims (la ville était détenue par le PS jusqu’en 2014), 9,3% à Caen, 16,8% à Angers. A Caen, les écologistes sont loin devant le PS (plus de 25%), mais loin derrière à Reims (5,64%), ou légèrement à Angers (14,08%). Au Havre, ils sont largement distancés par le député PCF qui sera le seul adversaire d’Edouard Philippe au second tour (35,87% contre 8,28%). A Limoges, le PS fait 21,58% contre 9,05% pour EELV (le maire LR sortant fait 46,21%). À Amiens, la maire sortante est favorite (30% au premier tour), même si l’issue reste difficile à prévoir avec un FN à plus de 15%. Ces élections signent donc assez largement un retour au clivage gauche-droite traditionnel du fait notamment de la nature même du scrutin qui permet la reconstitution d’alliances au second tour par les fusions et soulignent le manque d’implantation local du parti présidentiel. 

 

Forte préoccupation écologiste sans “vague” déferlante EELV

Si ces élections confirment une forte préoccupation pour la question écologique, celle-ci ne s’est pas toujours traduite par un vote pour le premier parti qui s’en revendique. La vague EELV promise n’a pas eu lieu, le projet écologiste étant disputé par de nombreuses étiquettes. Les listes soutenues par EELV et le PS ont néanmoins réalisé des scores de premier tour très honorables dans un certain nombre de villes, comme à Besançon (31,21%) ou Bordeaux – à même de permettre une bascule de la ville en faveur de la gauche (34,55%), même si l’union LREM-LR à la veille du dépôt des listes relègue un peu cette perspective. À Rouen, seule métropole où le maire PS sortant ne se représentait pas, le candidat du PS Nicolas Mayer-Rossignol, ancien président de région, est arrivé devant les Verts alors que les sondages donnaient ces derniers gagnants (29,51% contre 23,15%). Les résultats recueillis par EELV sont aussi inférieurs aux attentes à Paris, Rennes ou Nantes, mais en revanche très importants à Lyon (voir ci-dessous le paragraphe consacré à ce sujet) où le PS a eu du mal à se remettre de son éclatement consécutif au départ d’une très grande partie de ses cadres vers LREM, ou encore à Strasbourg, où les Verts sont à 27,87% contre 19,77% pour le PS (qui est passé en l’espace d’un mois de 8% dans les sondages à 19,77% avec la candidature en tête de liste de l’ancienne maire Catherine Trautmann). Les leçons à tirer de ces municipales seront nombreuses pour les partis de gauche, et notamment quant au fait qu’aucun d’eux ne détient à lui seul le monopole de la question écologique. 

Tour de France des métropoles 

Ces villes de gauche qui devraient le rester 

 

Paris : vers un second mandat d’Anne Hidalgo 

Anne Hidalgo, avec près de 30% des voix au soir du 1er tour, a confirmé sa forte avance sur ses concurrentes. Agnès Buzyn (17%), largement discréditée par son abandon du ministère de la Santé en pleine crise naissante du coronavirus et par ses déclarations à la presse au début du confinement, a même laissé planer le doute sur le maintien de sa candidature jusqu’au 26 mai. Rachida Dati, candidate Les Républicains, forte de ses près de 23% des voix et seule maire d’arrondissement élue dès le 1er tour dans son fief du 7e arrondissement, est donc la “rivale naturelle” de la maire sortante dans cette élection. Comme nous l’avions écrit, la relatéralisation de l’élection parisienne s’est confirmée et le 2e tour de l’élection s’oriente vers un duel plutôt traditionnel gauche-droite, même si l’on compte des configurations de second tour avec au moins trois listes candidates dans 15 secteurs sur 17.

Avec près de 11% des voix, EELV passe à côté de son ambition de créer la surprise dans la capitale comme le parti pensait être en mesure de le faire. Si les verts et leur tête de liste David Belliard ont longtemps refusé de lever les ambiguïtés sur les alliances qu’ils envisageaient pour le second tour, la réalité politique les a rattrapés. Les projets de la maire sortante et de son ex-challenger écologiste ayant de nombreux points communs, EELV faisant déjà partie de l’exécutif sortant, les équipes de David Belliard et d’Anne Hidalgo ont trouvé un accord en fusionnant pour le second tour. Les modalités concrètes de cet accord restent toutefois largement méconnues.

Après avoir proposé un arc écologiste depuis LFI jusqu’au centre et quitté le groupe LREM à l’Assemblée Nationale, Cédric Villani a, lui, alternativement négocié avec les équipes d’Agnès Buzyn et celles d’Anne Hidalgo. Ces tentatives se sont soldées par autant d’échecs. Il a donc finalement décidé de maintenir sa candidature dans le seul arrondissement dans lequel il pouvait le faire – le 14e – et ses équipes n’ont fusionné que dans le 12e arrondissement avec la liste de l’ex-députée PS devenue candidate pour LREM Sandrine Mazetier.

 

Lille : Martine Aubry favorite, mais menacée par EELV

S’il est une grande ville considérée comme un bastion inexpugnable du PS, c’est Lille. Néanmoins, suite au refus de Martine Aubry de fusionner avec la liste EELV, en raison notamment de trop grandes divergences sur la vision de la ville, tout semble désormais ouvert. Les écologistes menés par Stéphane Baly ont en effet recueilli près de 25% des suffrages au premier tour (24,53%) quand Martine Aubry en a obtenu un peu moins de 30% (29,8%). Si Lille devrait rester à gauche, on ne saurait dire avec certitude qui du PS ou d’EELV en sera à la tête. En troisième position avec 17,53% des voix, la candidate la plus à droite, Violette Spillebout (LREM), ancienne directrice de cabinet de la maire, pourrait bénéficier du report de quelques voix de droite car, avec 6,84%, LR a réalisé une véritable contre-performance. Elle est néanmoins loin d’être favorite. La question du report des électeurs insoumis, et la hausse envisageable de la participation peuvent donc soit conforter la maire sortante dans cette triangulaire inédite, soit laisser envisager une bascule vers EELV. Une victoire “surprise” d’EELV, même si elle reste moins probable, est donc envisageable.

Ces villes qui pourraient basculer à gauche

Marseille : la fin du quart de siècle de domination de la droite de Jean-Claude Gaudin ?

Les résultats de la gauche marseillaise sont sans aucun doute l’une des principales “surprises” du premier tour : la coalition du Printemps Marseillais est arrivée en tête du scrutin avec 23,44% des votes sur l’ensemble de la ville. Elle devance ainsi Martine Vassal (22,32%), candidate LR, héritière du maire sortant Jean-Claude Gaudin et initialement favorite du scrutin. Avec 19,45% des voix, le Rassemblement National de Stéphane Ravier arrive en troisième position. Dans une élection par arrondissement (à l’instar de Paris et de Lyon), aucune des listes arrivées en tête ne peut y arriver sans alliances. La liste EELV menée par Sébastien Barles (8,10%), qui avait refusé de rejoindre l’union de la gauche au premier tour a annoncé son ralliement pour le second. LREM (7,88%) avait annoncé discuter avec tout le monde mais ne s’allie finalement avec personne. Fortement courtisé par la droite mais avec une base locale de marcheurs penchant vers la gauche, le parti présidentiel se maintient dans le seul secteur dans lequel il pouvait le faire (ayant reçu les suffrages de plus de 10% des votants), mettant en danger Martine Vassal dans son propre fief. En parallèle à cette sorte de « cadeau » à l’union de la gauche, le « en même temps » macronien perdure avec la fusion d’une partie de la liste LREM du 2e secteur avec celle de la candidate de Bruno Gilles, dissident LR. Ce dernier se maintient partout où il le peut, malgré l’intervention de Renaud Muselier, président de la région, en faveur des retrouvailles de la droite. Au premier tour, la droite semble avoir pâti de sa propre division – Bruno Gilles, dissident LR, s’est présenté dans chacun des secteurs face à son ancienne famille politique – et d’un important travail de terrain effectué par le Printemps Marseillais pendant la campagne. Le faible taux de participation (32%) pourrait aussi avoir pesé sur le vote LR traditionnel de la ville. Tout reste néanmoins ouvert pour le 2nd tour. L’absence de candidat de gauche dans les 13e et 14e arrondissements, secteurs ayant le plus grand contingent de conseillers municipaux, afin de faire barrage au RN, donne un avantage certain à Martine Vassal. Samia Ghali, sénatrice ex-PS (6,47%) devrait très probablement être réélue dans son fief des 15ème – 16ème arrondissements grâce au soutien d’EELV et de Martine Vassal et malgré le maintien de la liste du Printemps marseillais. L’absence de fusion des listes de Samia Ghali et du Printemps Marseillais dans ce secteur avantage aussi la candidate de droite. Mais l’attitude des électeurs centristes reste une énigme et sera sans doute déterminante pour l’issue du scrutin.

 

Ces villes qui pourraient (re)basculer à gauche

Lyon : l’alliance “nouveau monde” Collomb et de l’ancien-monde LR/Wauquiez menacée par les écologistes ?

Première grande ville à avoir brisé médiatiquement la soi-disant « digue » empêchant les fusions LR / LREM, le fief de Gérard Collomb a fait considérablement parler de lui avant le second tour. Il convient néanmoins de relativiser cette “dérive” de LREM puisque le parti présidentiel soutenait déjà un nombre important de candidats LR dès le premier tour dans un nombre non négligeable de grandes villes (voir notre article du 5 mars cité en note 1), à Toulouse, Reims ou Angers par exemple.

Avec 28,5% des voix au premier tour, les Verts emmenés par Grégory Doucet sont en position favorable pour gagner la ville. Ils disposent des réserves de voix du PS (7,01%) et des listes de Nathalie Perrin-Gilbert (soutenue par LFI, avec 10,06%).

La division de la droite et du centre avec les candidatures d’Etienne Blanc pour LR (17%), de Yann Cucherat pour LREM (15%) et de Georges Képénékian, dissident LREM (12%) les a individuellement affaiblis.

La principale inconnue de ce scrutin reste l’élection métropolitaine. Il s’agit d’un scrutin distinct, unique en France, sur le modèle du vote de liste avec prime majoritaire dans chaque circonscription regroupant plusieurs communes (et la possibilité de voter pour une couleur politique différente au niveau de l’élection municipale et au niveau de la métropole). Cette élection réserve encore un certain nombre d’inconnues. L’alliance spectaculaire pour un ticket LR/LREM entre Gérard Collomb et François-Noël Buffet, le candidat LR à la ville de Lyon, par l’entremise de Laurent Wauquiez, pourrait permettre à Gérard Collomb d’être réélu à la tête de la métropole (en échange du soutien du candidat LR à la ville), même si une grande partie de son ancien entourage s’est détourné de lui en l’accusant de trahison. C’est d’ailleurs la seule ville dans laquelle LREM a retiré son investiture à un candidat s’alliant à LR. L’existence d’un solide noyau de villes ancrées à droite dans la banlieue lyonnaise pourrait favoriser la réélection de celui qui avait poussé pour la création de la métropole comme un outil quasiment sur-mesure au service de son pouvoir. Néanmoins, l’alliance EELV, PS, PC valable au niveau lyonnais a été reproduite à l’échelon métropolitain. Les communistes comme les socialistes sont encore solidement ancrés dans certains bastions, et si Villeurbanne, seconde ville de l’agglomération, avait pu un temps apparaître comme une terre de conquête pour les Verts, leur seconde position a favorisé l’alliance derrière le candidat soutenu par le PS. Par conséquent, les équilibres au niveau de la métropole pourraient être très précaires, malgré l’apport déterminant d’un contingent d’élus proches d’EELV au niveau de Lyon. La ville de Lyon sera probablement verte. Pour la métropole, l’issue est bien plus dure à anticiper.

 

Toulouse: l’espoir de la gauche

La ville rose est l’un des espoirs de la gauche à l’occasion de ce second tour. Si le maire sortant Jean-Luc Moudenc est arrivé en tête du premier tour avec 36%, la liste Archipel Citoyen, d’union LFI-EELV a fait près de 28%, suivie par le PS avec près de 19% des voix. Nadia Pellefigue, tête de liste du Parti Socialiste, a décidé de se retirer en raison de divergences trop importantes avec Archipel tout en donnant la possibilité à ses colistiers de fusionner. C’est chose faite et la liste d’union de la gauche portée par Antoine Maurice a de sérieuses chances de l’emporter face au maire LR sortant allié à LREM. Comme à Marseille, la forte abstention du premier tour maintient l’incertitude sur l’issue du second. Ville à suivre de près donc. 

 

Montpellier: alliances inédites et coups de théâtres

Si ce second tour des municipales ne manque pas de rebondissements, Montpellier est l’une des villes dans laquelle le suspens est à son comble.

Philippe Saurel, maire divers gauche sortant, est arrivé en tête du premier tour avec 19% des voix, talonné par Michaël Delafosse à la tête d’une alliance PS-PC-PRG (16,6%). En vue du second tour, ce dernier a fait alliance avec la candidate EELV Coralie Mantion (7,43%). Mais c’était sans compter sur l’alliance d’un trio inattendu de personnes ayant frôlées les portes du second tour : le célèbre youtubeur Rémi Gaillard (9,6%), Alenka Doulain (9,3%), à la tête de la liste municipaliste « Nous sommes » proche de LFI, et Clothilde Ollier (7,3%), tête de la liste du « Rassemblement des écologistes et de la gauche », un temps candidate EELV avant de voir son investiture retirée par le parti. Après des négociations ratées avec Michaël Delafosse, l’attelage a fusionné au dernier moment avec Mohed Altrad (13,3%), milliardaire plutôt centriste. Mathématiquement, ils pèsent près de 40% des voix et peuvent donc sérieusement faire trembler le maire sortant et son principal concurrent. L’une des inconnues du scrutin est le taux de participation, mais aussi le comportement des électeurs de ces trois listes “citoyennes” et écologistes. Se porteront-ils vers la liste de gauche au second tour ou sur une alliance aux contours flous ? Comme dans bien d’autres villes – Marseille, Toulouse – la faible participation, près de 35%, rend d’autant plus incertain un second tour déjà  hors du commun.

 

Ces villes qui auraient pu (re)basculer à gauche avec certitude sans alliance LR-LREM

Bordeaux: l’alliance LR/LREM, assurance de réélection de la droite

Fief d’Alain Juppé, Bordeaux est une ville ancrée à droite depuis 1947. Rien d’étonnant donc à ce que la proximité des marcheurs locaux avec LR soit actée par une fusion. Si l’issue du premier tour pouvait laisser envisager une quadrangulaire potentiellement délicate pour le maire sortant, Nicolas Florian, il se dirige finalement vers une triangulaire qui lui est favorable. Le successeur d’Alain Juppé est arrivé juste devant Pierre Hurmic, candidat EELV soutenu par le PS, le premier faisant 34,5% et le second 34,38%. Avec ses 12,7% le candidat LREM Thomas Cazenave pouvait donc faire courir un sérieux danger au candidat LR en se maintenant. À gauche, la liste NPA, soutenue par LFI, menée par Philippe Poutou (11,8%) vient compléter le trio du second tour. Cette fusion LREM-LR pour le second tour, et la division de l’électorat de gauche, devrait assurer la réélection du maire sortant.  

 

Strasbourg : division de la gauche, victoire probable de l’alliance surprise LR/LREM

Alors que la ville est, depuis 1989, à gauche – à l’exception de la période 2008-2014 – ce sont d’anciens élus socialistes qui pourraient offrir la ville à une coalition LREM-LR. Alain Fontanel, ancien cadre national du PS a en effet été investi par LREM et a obtenu une seconde place sans relief, avec un peu moins de 20% des voix, devançant de 39 voix la liste de l’ancienne maire PS Catherine Trautmann (19,77%) quand la candidate EELV soutenue par le PCF en recueillait près de 30% (27,87%). C’est pourtant LREM qui pourrait l’emporter grâce à une fusion gardée secrète jusqu’à la dernière minute avec LR (qui a obtenu 18,26%). Cette liste soutenue par le maire actuel de Strasbourg (ex-PS) Roland Ries, dispose donc, en cas de report intégral des électeurs LR sur le candidat LREM, de toutes ses chances… Si l’annonce de la fusion LREM-LR avait été antérieure au dépôt des listes, il est probable que les listes PS et EELV auraient plus aisément pu se mettre d’accord. La faible participation (34,37%) pourrait remonter au second tour, mais l’avance théorique de près de 10 points du duo Fontanel-Vetter (LR) fait pour l’instant de lui le favori. 

 

Guerres des trônes dans la petite-couronne parisienne : confusion à tous les étages

 

Arcueil

Si la réélection du maire sortant Christian Métairie (EELV allié au PS et au PC) semble acquise après ses 45,48% des voix au premier tour, un improbable front s’est constitué pour lui faire barrage. Les deux candidats pouvant se maintenir au second tour, Benoît Joseph Omambele (sans étiquette, soutenu par LREM et le Modem) et Karim Baouz (sans étiquette, soutenu par LFI), ont en effet décidé de s’allier tout en fusionnant avec la candidate LR arrivée sous la barre des 10%, constituant ainsi un attelage hétéroclite. La France Insoumise et le Parti de gauche départemental ont retiré leur soutien à leur candidat du premier tour et appelés à soutenir le maire sortant.

 

Aubervilliers

Aubervilliers est l’une des villes dans lesquelles les tractations les plus complexes ont eu lieu, aboutissant finalement à une triangulaire pour ce second tour. La liste de la maire sortante PCF (17,67%) s’est alliée à une liste citoyenne (15,77%) pour affronter une liste divers gauche (19,09%) alliée au candidat PS (13,08%) contre l’avis du parti socialiste, et une liste UDI/LR arrivée en tête au premier tour. Le second tour semble, du fait de ces alliances compliquées, très incertain.

 

Bagnolet

A Bagnolet, le second tour opposera le maire socialiste sortant Tony Di Martino (30,78%) au communiste Laurent Jamet (22,17%). Ce dernier avait proposé un ticket avec l’ancienne porte-parole de LFI Raquel Garrido et s’est allié avec la candidate EELV Claire Laurence (17,62 %). Le maire sortant a lui reçu le soutien de la liste citoyenne d’Edouard Denouel (13,68%). Tout est donc possible dans cette ville qui restera à gauche quel que soit le résultat.

 

Bobigny

Tenue par l’UDI, Bobigny pourrait basculer à gauche. Fort de ses 37,65% au premier tour, le communiste Abdel Sadi a fait alliance avec le candidat socialiste Fouad Ben Ahmed (11,36%) pour contrer le candidat UDI de la majorité sortante Christian Bartholmé (26,38 %). La préfecture du 93 pourrait donc rebasculer.

 

Châtillon

Nadège Azzaz, candidate divers gauche, est arrivée en tête du premier tour (41,32%) de cette ville traditionnellement à droite. Le basculement possible de cette ville à gauche a conduit les trois listes de droite et du centre (LR, DVD, LREM-Modem) à s’allier. Mathématiquement, cette liste d’union de la droite et du centre cumule près de 58,7% des voix. Reste à savoir si ces voix s’additionneront totalement au soir du second tour alors que les candidats de droite se sont violemment affrontés. LREM a par ailleurs retiré l’investiture à sa candidate suite à son alliance.

 

Ivry-sur-Seine

Dans cette ville traditionnellement communiste, le maire sortant Philippe Bouyssou faisait face cette année à une liste d’union EELV-LFI-PS autour de son ancienne adjointe Sabrina Sebaihi. Arrivé largement en tête au premier tour avec 48,5% des voix contre 22,1% pour Sabrina Sebaihi (suivi d’une liste divers droite à 13,7% et LREM à 12,22%), l’issue du second tour semble écrite d’avance. Cela a peut-être poussé Sabrina Sebaihi a une fusion avec la liste de Philippe Bouyssou, sans l’accord semble-t-il de tous ses colistiers ni de LFI et du PS…

 

Levallois-Perret

A la tête de Levallois-Perret depuis 1983, le couple Balkany a été condamné par la justice et déclaré inéligible. Leur succession après 37 ans de règne s’avère aussi inattendue que prévue, avec une triangulaire au second tour. Si le couple avait soutenu Agnès Pottier-Dumas, ancienne directrice de cabinet de Patrick Balkany, arrivée en tête du premier tour (34,60%), il lui a finalement retiré son soutien dans l’entre deux-tours pour des raisons encore mystérieuses. L’éternel opposant divers droite Arnaud de Courson, arrivé second avec 20,79% des voix s’est allié avec la députée LREM Maud Bregeon (15,04%) pour gagner la mairie. Lies Messatfa, ancien membre du Parti Socialiste passé au Mouvement Radical, maintient sa candidature pour le second tour, après avoir refusé l’alliance avec Courson et Bregeon. Avec ses 14,24% au premier tour, il représente donc la candidature la plus à gauche dans cette triangulaire. 

 

Montrouge

A Montrouge, une triangulaire opposera le maire sortant Etienne Lengereau (UDI, soutenu par LREM, 37,26% des voix au premier tour) à la liste divers gauche (26,22%) menée par Juliette Méadel, unie au PS fort de ses 14% (parti dont elle s’est fait exclure en 2018 du fait de sa proximité avec LREM) et à celle d’Aurélien Saintoul pour LFI-EELV (12,80%). L’ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes des gouvernements Valls et Cazeneuve pourrait l’emporter. 

 

Saint-Denis

A Saint-Denis, Mathieu Hanotin du PS (35,32%) devrait remporter la ville tenue par le PCF depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le maire PCF sortant, Laurent Russier (24%) n’a pas trouvé d’accord avec la liste LFI de Bally Bagayoko (18%), qui n’a elle pas déposé de liste pour le second tour. Le PCF semble avoir refusé la présence à une place éligible de Madjid Messaoudene, déjà conseiller municipal de la majorité sortante. 

 

Saint-Ouen

Saint-Ouen est un exemple de ville dans laquelle la gauche n’est pas parvenue à s’unir. Le sortant UDI William Delannoy (25,65 %) aura face à lui la liste du socialiste Karim Bouamrane (24,35 %) et celle de Denis Vemclefs, soutenu par le PCF, allié à l’ex-édile Jacqueline Rouillon (FG), totalisant à eux deux un peu moins de 30 % des voix du premier tour.

 

Tentative de synthèse

Les villes à surveiller, où le jeu semble ouvert pour une bascule potentielle gauche/droite-LREM ou droite-LREM/gauche :

(entre parenthèses la couleur actuelle du maire)

Avantage à droite ou à LREM (9 villes, actuellement détenues par la droite ou LREM) :

Aix-en-Provence (LR), Bordeaux (LR), Carcassonne (LR),  Limoges (actuellement LR), Montauban (LR), Narbonne (LR), Nîmes (LR), Pau (Modem), Strasbourg ( LREM).

Léger avantage à droite ou LREM (5 villes dont 4 actuellement détenues par la droite) :

Amiens (LR), Choisy-le-Roy (PC), Marseille (LR),  Orléans (LREM => pourrait rebasculer LR), Tours (LR)

Léger avantage à gauche (9 dont 8 détenues par la droite ou LREM) : 

Aubagne (LR), Bayonne (LR), Bourges (Mouvement radical), Laval (LR),  Le Havre (LREM), Metz (PS), La Roche-sur-Yon (LR), Lorient  (LREM), Nancy (LR), Saint-Brieuc (UDI).

Avantage à gauche (12 dont 9 détenues par la droite ou LREM) : 

Annecy (LR), Besançon (LREM), Bobigny (UDI), Bondy (PS), Chambéry (LR), Clermont-Ferrand (PS), Lyon (LREM), Périgueux (LR => pourrait basculer PS) ,Quimper  (Agir), Rouen (PS), Saint-Ouen (UDI), Sète (DVD), Toulouse (LR).

 

Cas particuliers à signaler :

Cette ville de gauche qui devrait basculer pour un candidat sans étiquette : Arles (PC).  

Cette ville tenue par un maire centriste (ex PS) qui devrait rebasculer à gauche : Montpellier (DVC)

Ce bastion PC qui devrait basculer au PS : Saint Denis

Cette ville PS où le maire sortant disposait d’une large avance mais où l’ancien maire (DVC) a fusionné un grand nombre de petites listes et pourrait l’emporter : Sarcelles

 

Bilan des villes à surveiller : si, a priori, aucune ville de gauche n’est susceptible de basculer à droite, en revanche, une quinzaine de villes de droite ou LREM sont susceptibles de basculer à gauche. 

 

Ces villes où le candidat sortant LR ou son successeur, soutenu par LREM, est en position de force 

Les villes dans lesquelles les maires sortants ont rallié LREM et été réélus dès le premier tour :

  • Angers
  • Caen
  • Coulommiers (ex ville dirigée par Franck Riester)
  • Reims
  • Rouen
  • Tourcoing

Les villes qui pourraient être conservées car les sortants ont rallié LREM et sont en ballotage très favorable à l’issue du premier tour, mais où rien n’est totalement joué :

  • Le Havre (Edouard Philippe a recueilli 43,60% des suffrages)
  • Pau (François Bayrou a recueilli 45,83% des suffrages)

Ces villes dans lesquelles LREM soutenait LR dès le premier tour et continue donc à le faire au second :

  • Toulouse

Les villes dans lesquelles LREM soutient LR pour le second tour mais avait une candidature autonome au premier :

  • Bondy
  • Bourges (le maire UDI-Agir était déjà soutenu par LREM mais avait face à lui un candidat LR avec qui il fusionne)
  • Bordeaux
  • Chatillon (condamné par la direction nationale de LREM)
  • Clermont-Ferrand (fusion surprise in extremis pour tenter de battre le PS, condamnée par la direction nationale de LREM)
  • Colombes (condamné par la direction nationale de LREM)
  • Lyon (fusion condamnée par la direction nationale de LREM)
  • Lons-le-Saunier
  • Metz (une liste centriste soutient la liste LR)
  • Tours

À Rouen, la tête de liste de l’union LREM / LR s’est retirée au profit de la liste issue de la fusion entre deux candidats divers droite.

Les villes dans lesquelles la droite soutient LREM 

  • Strasbourg 
  • 5e arrondissement parisien (la maire sortante Florence Berthout, anciennement LR mais candidate à sa réélection sous la bannière LREM, a fait l’alliance avec son ancien parti pour le second tour des municipales)

 Les villes dans lesquelles des candidats soutenus par LREM sont alliés avec la gauche :

  • Dès le 1er tour :
  • Auxerre (le maire sortant, ex PS, revendique seulement le soutien mais pas l’investiture de LREM)
  • Au second tour :
  • Nîmes (le candidat LREM a reçu le soutien du candidat soutenu par EELV allié avec le PS mais a aussitôt été désapprouvé par les instances nationales EELV et PS ainsi que par les militants locaux).

 

Les multiples formes de l’union de la gauche

Les fusions PS-EELV :

  • Albi
  • Brest
  • Creil
  • Laval
  • Nantes
  • Le Mans
  • Paris
  • Périgueux
  • Rennes
  • Rezé
  • Rouen
  • Saint-Etienne 

Les cas particuliers :

  • Toulouse, où la candidate PS se retire mais ses colistiers fusionnent avec EELV
  • La Rochelle, ou deux candidats divers gauche (la maire et le député) sont en triangulaire avec un candidat écologiste (qui n’est pas favori).
  • Le Mans, où le maire et ancien député PS Stéphane Le Foll est en duel pour le second tour contre une députée PS dissidente. Il devrait néanmoins l’emporter, ayant notamment reçu le soutien d’EELV.

L’impossible union de la gauche dans des villes qui devraient rester à gauche

  • Avignon (EELV refuse la fusion avec la maire PS sortante, favorite)
  • Cherbourg (le maire PS ne fusionne pas avec EELV)
  • A Choisy-le-Roy, le candidat EELV (exclu du parti) soutient le candidat LR contre le maire PCF.
  • Dijon (les tensions étaient très vives entre le maire PS et les écologistes bien avant le 1er tour)
  • Grenoble (la ville devrait rester EELV, le maire ayant refusé la fusion avec le candidat soutenu par le PS)
  • Lille (la maire PS a refusé de fusionner avec EELV)
  • Poitiers (le maire PS aura contre lui deux listes écologistes qui n’ont pas réussi à fusionner et ne menacent donc pas sérieusement sa victoire)
  • Strasbourg (la liste EELV et la liste PS, qui n’avaient pas anticipé la fusion LR-LREM, n’ont pas fusionné).
  • Saint-Denis (il s’agit d’une compétition interne à la gauche).
  • Saint-Herblain (pas de fusion entre le maire PS, favori, et son challenger EELV)

Ces villes de droite où il n’y a pas eu de fusion à gauche (hors LFI qui refuse souvent de fusionner) : 

  • Le Havre (refus du PC de fusionner avec la liste EELV/PS).
  • Narbonne (EELV n’a pas fusionné avec la liste DVG arrivé devant, laissant une avance au maire DVD sortant).

 

À noter

Des campagnes très réactionnaires dans les villes tenues par la droite et qui pourraient basculer à gauche (rhétorique de l’invasion black bloc ou des chars soviétiques à Marseille, une volonté de « contrer les gilets rouges » exprimée à Toulouse)

L’union est très variable à gauche malgré une base programmatique relativement similaire partout

LREM s’allie avec la droite dans la très grande majorité des cas.

 

Synthèse de la synthèse : une reconfiguration a minima du paysage politique municipal avec un léger rééquilibrage en faveur de la gauche et des écologistes

Outre la carte présentée en introduction et mettant en avant les principaux enjeux pour les municipales dans une cinquantaine de villes de plus de 30 000 habitants en France métropolitaine, le tableau ci-dessous [Fig. 2] récapitule les configurations possibles dans ces villes qui peuvent potentiellement basculer.

Ainsi, dans les villes à suivre de prêt, les partis de la majorité présidentielle ne semblent en mesure de prendre que deux villes à la gauche contre 5 à la droite. Si la gauche semble plutôt favorite dans la conservation des 34 villes à enjeu (outre les deux pouvant basculer au centre, seules trois pourraient basculer à droite), la droite pour qui 14 villes semblent sur la sellette, pourrait en voir basculer jusqu’à 19 à gauche. 

[Fig. 2] Villes à enjeu : les configurations possibles

Une certaine stabilité ressort du tableau ci-après [Fig. 3]. Que ce soit le PC, LR ou le PS, le taux de conservation devrait être compris entre 8 et 9 villes sur 10 (et même plus de 9 sur 10 pour le PS). LR a très bien réussi son premier tour, puisque près d’un maire LR sur deux sortant a été réélu, tout comme les maires sortants communistes (3 maires sortants sur 10 pour le PS l’ont été dès le premier tour). Cette stabilité s’observe également chez les élus divers droite. Le grand perdant de ce premier tour pourrait être le parti présidentiel, aujourd’hui soutenu formellement par trois maires de villes de plus de 30 000 habitants (Lorient, Lyon, Besançon), mais dans lesquelles il peut être battu. Il pourrait néanmoins compenser ces pertes par la conquête de Strasbourg, avec l’appui de la droite, et de Houilles, dans les Yvelines.

LR pourrait par ailleurs prendre 2 villes aux communistes et une au mouvement radical. Le PS pourrait lui l’emporter dans une ville communiste (Saint-Denis), mais aussi dans 9 villes LR, ainsi que dans 2 villes tenues par des centristes. S’ils perd, comme nous le projetons, quatre des 41 villes de plus de 30 000 habitants, le PS pourrait donc l’emporter dans 11 autres et in fine contrôler 48 villes, soit sept villes de plus. LR resterait, même avec une perte de 16 villes et un gain de 2, avec 99 villes de plus de 30 000 habitants, le principal parti d’élus locaux détenteur de villes moyennes. Les écologistes pourraient par ailleurs passer de 2 à 6 villes de plus de 30 000 habitants contrôlées, 2 conquises sur LR (Annecy et Toulouse), 2 sur LREM (Lyon et Besançon). Pour le PCF, le solde devrait être quasi neutre : si LR conquiert deux villes communistes, le PS une et une liste centriste une, les communistes devraient en conquérir un sur LR, une divers droite et deux UDI, et rester stable à 21 villes contrôlées. Face  au constat de la faiblesse de son socle local, la France insoumise avait choisi de ne pas faire de ces élections un enjeu. De manière générale, LFI a préféré s’allier avec d’autres partis comme à Toulouse ou avec des listes citoyennes. Si les insoumis espéraient l’emporter avec la liste qu’ils soutenaient à Saint-Denis, ces élections ne devraient pas leur permettre de remporter seuls une ville de plus de 30 000 habitants.

[Fig. 3] Projection de l’évolution de l’implantation des forces politiques dans les villes de plus de 30 000 habitants 

NB : la catégorisation de “l’étiquette” politique d’un maire sortant ou entrant est parfois sujette à caution, il s’agit de choix d’interprétation et non d’une vérité absolue.